Document de laCommission Humaniste Européenne de l’Education

Situation actuelle:

Aujourd’hui, les populations européennes sont préoccupées par le fait que l’une de leurs conquêtes les plus élémentaires, l’éducation publique de qualité, n’est plus garantie. Nous autres, Européens, nous assistons pantois à une régression flagrante de nos droits sociaux les plus élémentaires, obtenus de haute lutte tout au long de plusieurs siècles. Cette régression est « inévitable »,apparemment. On nous dit qu’il s’agit là d’un « moindre mal », toujours le même refrain : renoncer à une partie pour pouvoir sauver le reste. Le problème, c’est que, petit à petit, « le reste » va finir par être inexistant…

Ce droit à une éducation de qualité, nous autres Humanistes, nous l’envisageons sur un plan social et non pas seulement sur un plan individuel. Aujourd’hui, il régresse précisément parce que le modèle néo-libéral ne l’envisage que sur un plan privé, de sorte qu’il revient à chacun d’entre nous de gérer cette situation pour son propre compte.

Danscette quête solitaire et fragmentée d’une solution, l’individu isolé est soumis aux lois du marché, qui sont aujourd’hui considérées comme étant « le seul moyen efficace et naturel » d’y parvenir. De cette façon, contraint de se soumettre aux lois de l’offre et de la demande, celui qui recherche une éducation de qualité devra la payer au prix que le marché fixe à un moment donné. Comme s’il s’agissait d’une marchandisequelconque.

Ceci implique, entre autres choses, que les entreprises (ou un Etat néo-libéral) qui cherchent à tirer profit de ces domaines, n’offriront ce genre de prestations que là où les bénéfices en seront garantis. De sorte que, si par exemple il n’est pas rentable de conserver des écoles dans les petits villages ou les quartiers marginalisés, elles seront supprimées.

Ce que nous voulons :

Nous qui nous sentons Humanistes en Europe, nous ne voulons pas nous résigner. Nous n’avons rien contre l’éducation privée, mais ce que nous voulons c’est une EducationPublique gratuite garantie pour tous les habitants d’Europe, à partir de la garderie. Et nous la réclamons parce qu’il est tout à fait possible de la mettre en place. L’Europe est riche en ressources matérielles, technologiques et avant tout humaines.

Et lorsqu’on nous objectera : « Comment croyons-nous financer un tel projet ? C’est tout à fait impossible ! », nous répondrons : avec notre travail, notre créativité, nos impôts, notre participation et, pourquoi pas, en ayant recours aux avantagesde la révolution scientifico-technologique, qui aujourd’hui échappent au contrôle des peuples qui les produisent, et qui vont aux mains d’une spéculation financière internationale qui est inefficace sur un plan social, puisqu’elle ne produit en définitive rien d’utile à la population. Et même sur un plan strictement commercial, il serait beaucoup plus rentable, à long terme, d’éduquer plutôt que de réparer continuellement les effets de la violence engendrée par le manque d’éducation.

L’éducation que nous recherchons :

Aujourd’huien Europe, les professeurs sont complètement démoralisés, les parents sont inquiets et les élèves sans références. Le manque de fonds alloués à l’Ecole Publique n’arrange rien à l’échec scolaire tandis que la violence à l’intérieur et en dehors des salles de classe devient monnaie courante.

Nous voulons une éducation humaniste et intégrale : un nouveau modèle éducatif qui envisage la formation de la personne humaine dans son intégralité (sociale etpersonnelle). La communication avec soi-même et avec les autres, l’aisance corporelle, la pensée cohérente et critique, le développement émotif et l’expression créative seront les principaux piliers de ce paradigme nouveau que nous nommons : « éducation intégralehumaniste », dont le sens et la fonction essentielle sera de permettre à l’élève de setransformer lui-même ainsi que de transformer le monde,afin de construire une société plus juste, plus heureuse et non-violente.

Ce que nous proposons :

LaRégionale Européenne Humaniste lance un appel à toutes les personnes et les associations qui se sentent concernées ou qui sont intéressées par ce thème pourqu’elles participent à la Commission EuropéenneHumaniste de l’Education. Cette Commission constituera un lieu d’échange, de dénonciation et de soutien entre ceux qui, sans perdre leur identité, stratégie et autonomie propres, se reconnaissent dans la philosophie de ce Document. La diversité est la bienvenue.

Calendrier :

Dans chaque pays d’Europe, les membres établiront un calendrier d'actions pour inviter de nouvelles associations à les rejoindre. Ils décriront et établiront leurs positions respectives par rapport à l’Education actuelle et aux conflits qui apparaitront. En outre, ils mettront en place ou apporteront leur soutien à des activités sociales au sein des quartiers ou localités où ils sont présents. D’ici à mai 2004, ils se rendront dans les villes européennes où ont lieu des Journées Ouvertes de l’Humanisme pour y présenter les travaux, activités et autres éléments qu’ils jugeront opportuns. Tous ces travaux devront être répertoriés au sein du dossier Education pour le Congrès que la Régionale Européenne Humaniste tiendra (selon toutes probabilités) en novembre 2004 à Budapest.

 

Il est temps à présent d’humaniser l’éducation en Europe.