[Translate to French:] Notre position idéologique
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Nous avons défini la discrimination comme la non reconnaissance du droit à la différence. Cette discrimination a ses racines dans une vision naturelle et mécaniciste de l´Être humain.
« C´est pourquoi on doit définir l´être humain comme historique et disposant d´un mode d´action sociale capable de transformer le monde et sa propre nature. Et chaque fois qu´un individu ou un groupe humain s´impose à d´autres par la violence, il parvient à arrêter l´Histoire en transformant ses victimes en objets "naturels". La nature n´ayant pas d´intentions, lorsque l´on nie la liberté et les intentions des autres, on les transforme en objets naturels, en objets d´utilisation.
Le progrès de l´humanité, en lente ascension, requiert la transformation de la nature et de la société en éliminant la violente appropriation animale de certains êtres humains par d´autres. Quand cela arrivera, on passera de la préhistoire à une histoire pleinement humaine. En attendant, on ne peut partir d´une autre valeur centrale que de celle de l´être humain, entier dans ses réalisations et dans sa liberté. C´est pourquoi, les humanistes proclament : "Rien au-dessus de l´être humain et aucun être humain au-dessous d´un autre." (Cf. Document Humaniste- Silo)
La notion d'égalité dans le respect de la différence
Cette déclaration, extraite du Document Humaniste, texte fondateur du Mouvement Humaniste, exprime la notion d'égalité à laquelle nous aspirons: celle de la même valeur reconnue à chaque être humain, qu'il soit riche ou pauvre, femme ou homme, chômeur ou travailleur, jeune ou vieux, noir ou blanc, hétérosexuel ou homosexuel, handicapé, malade ou bien-portant... pour ne citer que quelques-unes des différences superficielles qui, à aucun moment, ne peuvent prétendre attribuer une valeur intrinsèque à un enfant, un homme, une femme... Cette unité de la valeur humaine permet à chaque personne de jouir du même traitement humain, quelle qu'elle soit, et où qu'elle soit. Mais le constat actuel montre une énorme disparité de valeur attribuée à un être humain ou à un autre.
La mécanique interne de la discrimination
Lorsque le monde marchand, aujourd'hui triomphant, nie la dimension intérieure de l'être humain et ses énormes capacités évolutives, le mécanisme de la discrimination fonctionne comme un exutoire à la contradiction intérieure des peuples, clans ou individus. Ces derniers, incapables de reconnaître en eux-mêmes leurs propres échecs (puisque cet "en eux" n'existe pas !), affublent les "autres" du masque de la monstruosité et de l'infériorité, tentant ainsi d'échapper pour un temps à leurs propres démons, créant une illusion de "grandeur" en diminuant ces "autres". La violence qu'ils ne manquent pas de générer en retour est le signal qu'ils attendent afin d´être confortés dans leur certitude, alternant alors le rôle du bourreau et de la victime dans un cycle rythmé par les conjonctures extérieures. Ce mécanisme schizophrénique finit tôt ou tard par se reproduire à l'intérieur - même des peuples, clans ou individus, créant respectivement des guerres de sécession, des vendetta et des crises suicidaires ; finalement, ce mécanisme de régression s'enraye de lui-même, mais en provoquant un énorme gâchis humain, faisant reculer l'humanité sur son chemin d'évolution.
Ainsi, la discrimination est la racine même de la violence.
L´accélération de la globalisation, moteur de la violence
Aujourd'hui, l'accélération engendrée par la globalisation et la pénétration de la technologie dans les zones les plus isolées de la planète exacerbent les contradictions de tous types, amenant les différentes cultures à se confronter quotidiennement. La vision naturaliste de l´être humain finit par produire un sentiment de supériorité d´une partie de l´humanité sur l´autre, soumettant cette dernière à des conditions dites « de développement », imposées par la violence économique et parfois par la violence militaire. Cette objetisation des peuples génère d´énormes tendances régressives, des violences et des désordres de tous types.
Cette situation explosive sans précédent est cependant également une formidable opportunité pour mettre en lumière les racines - mêmes de la discrimination et donc, de la violence, afin de promouvoir une alternative décisive dans cette absurdité devenue planétaire.
L'approche humaniste
En définissant l'être humain par son intentionnalité, en rejetant les notions mécanicistes et naturalistes d'infériorité et de supériorité, de domination et de soumission, en revendiquant le droit à l'erreur et le droit à la réparation, les humanistes proposent de transformer cette vision non évolutive de l´être humain sur lui-même, sur son milieu immédiat et, de manière structurée, sur l´ensemble des sociétés humaines. L'action non-violente, la communication, l'action cohérente et la reconnaissance des différences culturelles sont des priorités de l'action humaniste. Dans ce sens, la Régionale Européenne est l'une des illustrations de cette intention en marche.
Mais peut-être devons-nous définir ce que signifie une société dans laquelle la valeur centrale est l'être humain et au sein de laquelle, par conséquent, la discrimination n'existe plus ? Cela signifie que toute personne vit dans les conditions les plus dignes et peut s'épanouir, choisir, participer, affirmer, être entendue, considérée, valorisée, être actrice de changement, quelques soient ses origines ou ses choix de vie.
Cette aspiration, synonyme d'une société d'égalité, n'est pas le modèle prôné par le système aujourd'hui...
L'égalité face à la possibilité de réalisations et de liberté de tous les individus à tous les niveaux n'arrange pas ceux qui souhaitent maintenir une domination. Ce regard sur l'être humain « un être de liberté et d'intentionnalité » serait-il si « dangereux » qu´il pourrait remettre en cause la dictature de l'argent et ses logiques économiques ? Pourrait-il bouleverser les rapports de force, les dominations en place, les valeurs ? Sans aucun doute !... et cette nécessité d'aller vers toujours moins de discrimination est marquée par de fortes résistances. Paradoxalement et de manière compensatoire face à la frustration, à la désorientation actuelle et à la peur croissante du futur , on s'accroche à un système qui devient de plus en plus obsolète et de plus en plus violent pour la majorité des personnes...
Nous sommes donc face au formidable défi que pose cette étape de l'histoire humaine : il est possible aujourd'hui de couper les racines de cette vision naturaliste et mécaniciste qui engendre la discrimination car c´est la seule manière de donner à l'Europe une direction humanisante.









