Vendredi 19 novembre 2004

Conflit en Côte d'Ivoire

 


Déclaration de l'Internationale Humaniste face au conflit en Côte d'Ivoire

l'Internationale Humaniste

 

Au Secrétaire Général et au Conseil de Sécurité des Nations Unies

Au Gouvernement de la France et de la Côte d’Ivoire

Aux Régionales Humanistes d’Amérique Latine, d’Europe et d’Afrique

Aux médias

 

DECLARATION DE L'INTERNATIONALE HUMANISTE FACE AU CONFLIT EN CÔTE D’IVOIRE

Devant l’aggravation du conflit entre le gouvernement de Côte d’Ivoire et les groupes rebelles, et l’action inopportune et disproportionnée des forces françaises, qui ont dénaturé grossièrement la mission qui leur avait été confiée par l’ONU, l’Internationale Humaniste condamne l’action de la France, qui a contribué à aggraver la situation du pays, mettant en danger la légitimité du régime actuel.

 

De plus, l’Internationale Humaniste dénonce le fait que de nombreux médias internationaux, en diffusant des informations partiales basées sur le point de vue du gouvernement français et omettant le point de vue de la Côte d’Ivoire, sont suspects de défendre le paternalisme français.

 

L’inadmissibilité des brutales représailles de la France, fondées sur des faits qui relèvent des risques propres à la mission assignée aux forces françaises, implique une flagrante violation de la mission qui lui a été confiée par les Nations Unies. Cela devrait donner lieu à des sanctions de la part de l’organisme international et au remplacement des troupes françaises par celles d’un autre pays.

 

L’Internationale Humaniste souligne la réponse exemplaire du peuple ivoirien, qui s’est mobilisé et a manifesté de façon non-violente, nonobstant la violence des actions menées par les forces d’intervention.

 

L’Internationale Humaniste rejette expressément toute action qui implique une violation du principe d’autodétermination du peuple ivoirien, lequel possède des mécanismes légaux pour mener à bien tout changement de ses structures de gouvernement.

 

C’est pourquoi, l’Internationale Humaniste considère que l’ONU devrait intervenir dans le seul but de garantir l’intégrité territoriale du pays et la paix, en préparant les conditions pour la nécessaire réconciliation. C'est-à-dire qu’elle devra accomplir la mission telle qu’elle a été établie de façon opportune, seulement les forces de paix ne devront pas appartenir à des pays ayant des intérêts en jeu en Côte d’Ivoire, comme c’est le cas pour la France.

 

Une telle intervention impliquera l’exercice d’un contrôle rigoureux des frontières ivoiriennes, afin d’éviter l’entrée illégale d’armes destinées aux troupes rebelles, aspect qui a été négligé par la mission exercée par les troupes françaises.

 

En tant que voie vers la pacification du pays, l’action de l’ONU devra veiller à la continuité du gouvernement élu actuel jusqu’aux prochaines élections de 2005, dans lesquelles on garantira la libre participation de tous les secteurs, groupes et ethnies au processus électoral dont la transparence devra être supervisée par l’organisme international.