POSITION A PROPOS DU NON DU PEUPLE FRANCAIS
Categorie: Regionale EuropeenneLa Régionale Humaniste Européenne félicite le peuple français et tous les secteurs qui ont lutté pour défendre le droit des peuples à décider de leur futur dans un débat ample et profond, malgré le chantage, la manipulation et parfois les insultes. Nous félicitons en particulier le Parti Humaniste Français pour son grand travail d’éclaircissement, dénonçant le piège d’un Traité qui cache derrière des propositions nobles des dangers réels, et dénonçant le chantage de devoir accepter un traité imparfait sous peine d’un recul de l’Union au cas où il ne serait pas approuvé.
Comme nous le savons, ce NON n’est pas majoritairement un NON à l’Union des peuples d’Europe, mais un NON au néolibéralisme, un NON à la globalisation dirigée et impulsée par la banque mondiale et les intérêts des secteurs spéculatifs, un NON à la démocratie formelle et mensongère promu par les élites politiques qui depuis des années se sont rendus complices des intérêts des banques. En synthèse, le vote du peuple Français a été un NON à l’Europe des banques et un OUI à l’Europe des peuples.
Les résultats de ce référendum ont révélé l’énorme fossé qu’il y a entre les dirigeants politiques, les formateurs d’opinions, les moyens de communication et le peuple. La voie référendaire est l’unique voie pour révéler le sentir du peuple.
Dans ce sens, nous dénonçons la tentative des autres gouvernements européens d’imposer une constitution par la voie de simples décrets des parlements où, comme nous le savons, se réunissent les politiciens corrompus, les intérêts financiers et les opportunistes de tous types. Si aujourd’hui, dans les media on dit que « 9 pays d’Europe ont approuvé la constitution », on devrait dire en vérité « 9 gouvernements ont imposé à leur peuple une constitution sans l’avoir consulté ». Ceci est valable également pour le gouvernement espagnol qui a réalisé une campagne de désinformation sans précédent et qui a laissé le peuple voter pour un traité qu’il ne connaissait pas.
C’est par la voie référendaire dans les 25 pays européens que l’on devra approuver la constitution de l’Europe des peuples qui est en train de se former. Les dirigeants politiques d’Europe devront ensuite respecter les décisions du peuple souverain. Et si les gens veulent une autre constitution, un plan B, C ou D, ils devront obéir aux gens et non pas aux marchés financiers.
La Régionale Européenne affirme une nouvelle fois ce qu’elle a exprimé dans son dernier communiqué : « L’Europe est mûre pour une Constitution qui, s’inspirant des profondes racines humanistes de notre culture, soutienne la construction d’une Europe solidaire, multiforme, tolérante et non violente. Une Europe qui fasse son apport à la future Nation Humaine Universelle. (…) Nous voulons une véritable Constitution Européenne, avec des références humanistes fortes et cohérentes. Une Constitution qui affirme les valeurs de paix, de solidarité, de tolérance et de non-violence, non seulement dans son Préambule mais aussi dans l’ensemble de ses articles. Et nous voulons une Charte de Droits Fondamentaux qui ne soit pas ultérieurement vidée de son contenu. Nous dénonçons le caractère anti-humaniste de certains contenus de ce texte qui, entre autres, assure la suprématie de la Banque Centrale Européenne sur les parlements élus, renforce un modèle qui favorise la privatisation des services publics et fait régresser des acquis sociaux de la santé et l’éducation ».
Ce sont justement ces arguments qui sont à la racine de la décision démocratique du peuple Français. L’Europe des peuples est inévitable, elle se construit non pas à travers les signaux néolibéraux, ni à travers les parlements formels, mais à travers le vote populaire de tous les pays de cette Europe que nous aimons tant.
Le NON de France à « cette » constitution européenne est un avertissement adressé aux bureaucrates et aux spéculateurs qui croyaient pouvoir tromper la population. Les gens souffrent et ils ne peuvent supporter plus de violence, ils ne veulent pas entrer en compétition avec l’autre ou être un « gagnant », mais vivre en paix, unis avec les autres. Ce geste mûr de la France ne doit pas se convertir en frein pour le processus de l’Union européenne mais en le meilleur stimulant pour un débat ouvert et fertile qui nous amène à l’Union des peuples d’Europe. Pour cette Europe unie, solidaire et ouverte à de nouvelles additions, à laquelle les humanistes aspirent de façon décidée.









